dimanche 27 mars 2011
chronique du dimanche
dimanche 20 mars 2011
mercredi 3 juin 2009
cannes 2009
Le cinéma plein les yeux
Il fait beau sur la Croisette, les plages sont magnifiques sur la méditerranée mais c'est le cinéma qui détermine les comportements, les gestes…le mode de vie et les affaires bien sûr. Un festival de cinéma de l'envergure de Cannes est une aubaine économique. Le chiffre d'affaires confirmé pour 2009 tourne autour des 300 millions d'Euros pour une édition ayant démarré avec quelques incertitudes et la hantise des effets secondaires de la crise financière internationale. Mais très vite les choses sont rentrées dans l'ordre et Cannes est redevenu Cannes avec une caractéristique qui le distingue et fait sa marque de fabrique indélébile: la cinéphilie. On peut relever le côté stars et paillettes qui lui donne un certain charme souvent inaccessible pour le badge lambda, être agacé de l'organisation trop compartimentée sinon trop rigide mais Cannes reste la capitale de la cinéphile internationale, le rendez-vous des passionnés de cinéma, tout le cinéma. Une scène parmi mille: je coche sur mon programme d'aller voir le film, Amreeka de la palestino-américaine Shirin Dabis (une délicieuse comédie sur l'altérité). Il est programmé dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs, une section cannoise parallèle à la sélection officielle; c'est le creuset de la création internationale auréolée cette année par l'arrivée de F.F Coppola qui y a présenté son film en ouverture. Et bien imaginez qu'il m'a fallu patienter dans une longue file pendant près de deux heures pour être sûr d'accéder à la salle. Même scénario pour toutes les salles, tous les jours et tous les genres de cinéma. Une foule de toutes les générations portée par le même souffle celui de tomber sur la perle rare. Il faut dire à ce niveau que cette année et d'un point de vue strictement cinéphilique, les sections, disons mineures, sans jugement de valeur: Un certain regard, la Quinzaine et la semaine de la critique ont été des rivières charriant des perles au moment où la section phare, la sélection officielle a été portée par des vagues de polémiques et d'interrogations profondes sur l'état de la cinématographie mondiale. Et pourtant sur le papier quand le dynamique délégué général du festival, Thierry Frémaux avait annoncé les vingt films sélectionnés pour 2009, les observateurs avaient affiché une certaine satisfaction étant donné l'assurance tout risque que représentait la présence de certains noms familiers de Cannes et surtout ayant habitué leur public à des surprises agréables: Almodovar, Ken Loach, Lars Von Trier, Haneke…ou Quentin Tarentino…cette fois ce ne fut pas toujours le cas. Chaque film donnait lieu à des avis partagés.
Quand j'arrive à Cannes, le festival ayant déjà démarré, mes amis et collègues de la critique m'harcèlent de questions : "as-tu vu le dernier Lars Von Trier?"."Il faut absolument aller voir "Antichrist". Le film du rebelle danois a mis Cannes en émoi et a partagé le microcosme cinéphile habitué à des vénérations collectives. Le test dans ce sens est la séance de 8H30 celle où le gotha de la cinéphilie mondiale vient donner le ton de la journée avant les fastes de la montée des marches. Lars Von Trier n'a pas ménagé ce beau monde. Le film est une descente aux enfers. Tout commence pourtant sous des signes prometteurs avec une très belle scène d'ouverture du point vue esthétique de l'image et de la chorégraphie, accompagnée d'une somptueuse musique; un couple fait l'amour d'une manière intrigante (la salle de bain?); la caméra pivote vers la chambre à coucher pour nous faire découvrir un enfant qui vient de se réveiller. Le parallèle commence à inquiéter. L'enfant, en fait, un bébé, se dirige vers son jouet situé au bord de la fenêtre…la mort arrive en choc : la chute de l'enfant ne nous est pas épargnée. C'est délibéré de la part de l'enfant terrible de Dogma; cela en effet va mettre en place le traumatisme initial qui va entrainer le couple très loin dans une introspection d'une violence inouïe…Le film sera descendu par une grande partie de la critique française qui va opter plutôt pour Prophète de Jacques Audiard (belle prestation de jeunes comédiens d'origine maghrébine). Autre rendez-vous raté avec la critique Etreintes brisées de Pedro Almodovar. Un scénario qui puise dans le cinéma l'argument d'un mélodrame à trois un cinéaste qui tombe amoureux d'une actrice qui vit sous l'emprise un riche sexagénaire. Le cinéma dans le cinéma est toujours un exercice intéressant mais le film séduit et ne convainc pas. La surprise radicale vient de Quentin Tarentine avec son extraordinaire The Inglourious besterds qui nous transpose dans la France sous l'occupation nazie pour réécrire l'histoire à sa manière sans souci de vraisemblance. Cela donne un magnifique exercice de revanche du cinéma sur l'histoire. Un autre enfant doué du cinéma revisite l'histoire à la première personne, le palestinien Elia Suleiman et son The time that remains: un récit autobiographique qui n'hésite pas à brosser un tableau satirique d'une tragédie sans fin. De l'humour noire face au ridicule de la guerre de libération arabe de 1948 ou encore des gestes burlesques face au mur de séparation israélien…une comédie douce amère, mine de rien optimiste. La palme d'or décrochée par Le ruban blanc n'est pas "seulement?" un signe de la présidente du jury à l'égard de son cinéaste fétiche Michael Haneke; non c'est une récompense méritée et largement. Le film dans un noir et blanc époustouflant cerne les racines du mal à partir de la captation d'événements organisés en micro récits pour s'acheminer vers la tragédie qui pointe à l'horizon. Une dramaturgie du mal au scalpel de la caméra.
Guerre, violence, sexe, religion…la sélection officielle allait être à l'image d'un sommaire de jt d'une banale soirée de télévision, sauf que Jane Campion était là pour son film, mon coup de cœur cannois, Bright star: une émouvante histoire d'amour dans la banlieue de Londres du début du XIX siècle et qui met en scène la figure de proue de la poésie romantique anglaise, John Keats mort à l'âge de 26 ans. Un très beau film, une très belle actrice, des images qui expriment la poésie d'un monde qui s'en va.
vendredi 15 mai 2009
Dakhla: pôle stratégique
dimanche 10 mai 2009
la femme d'Ijoukak
samedi 9 mai 2009
dakhla comme espace cinématographique
La ville de Dakhla abrite depuis le 4 mai la deuxième édition des rencontres cinématographiques internationale. Des Rencontres nées à Laayoun et qui ont choisi cette année, pour des raisons principalement de logistique de s'installer à Dakhla. Choix judicieux car la ville, en effet, s'y prête merveilleusement bien. C'est une cité agréable à vivre, accueillante et ouverte sur de vastes étendues du côté de l'océan comme du côté du splendide désert qui en fait sa perle…Cette découverte est l'une des conséquences de la dynamique actuelle du cinéma marocain: il redessine à sa manière la carte du Maroc; en l'occurrence, les rencontres de Dakhla prolongent très loin la réception du film marocain (et autres) lui permettant d'aller à son public aux confins des racines africaines de notre identité plurielle…ce faisant ces rencontres offrent aussi à la production imaginaire de nouveaux horizons. Dakhla est ainsi le titre générique d'un scénario futur qui reste à écrire et dont les ingrédients dramaturgiques sont déjà là; et notamment ce merveilleux espace s'étalant à l'infini…le cinéma crée son propre espace, c'est l'espace filmique comme résultat de la captation par la caméra et de la restitution par le montage, par les mouvements d'appareil et les effets de lumière. Mais le cinéma se crée aussi à travers l'espace qu'il filme. Le cinéma américain est d'abord le fruit de l'espace américain. Le western, genre américain par excellence, est le produit d'une histoire mais aussi et surtout de la géographie. Ce que nous gardons d'un western, sa scène fondatrice, c'est l'arrivée d'un protagoniste dans un lieu. Ce que l'on appelle techniquement le Plan américain est la résultante de cette rencontre.
Les cinéastes marocains, les comédiens, les professionnels venus des pays amis ont été d'emblée éblouis par l'espace de Dakhla: à la sortie de l'avion, l'aéroport offre, dans la lumière crépusculaire d'une journée saharienne, un merveilleux panorama. En circulant dans la ville située dans une baie étendue sur des kilomètres, le regard capte les signes vierges d'une configuration filmique éloquente au premier degré. C'est l'espace comme discours en soi. Reste à l'inscrire dans une dramaturgie. C'est la nouvelle dimension qui s'ouvre/s'offre au cinéma marocain. Cela est venu à temps. D'autant plus que du point de vue des choix stratégiques du développement de la région, l'option culturelle est présente: Dakhla propose une multitude d'activités autour notamment des pratiques liées au sport de la mer. Cela génère déjà une infrastructure d'accueil digne des grandes métropoles. Les productions cinématographiques nationales et internationales trouveront un terrain déjà balisé. C'est un nouveau pôle qui se dessine en perspective.
jeudi 9 avril 2009
hanane fadili
la deuxième chaîne vient de lancer une nouvelle grille de programmes. Le moment choisi ne correspond à aucun calendrier particulier si ce n'est celui de la commémoration du vingtième anniversaire de la chaîne. Dans la tradition du PAM, une nouvelle programmation correspond souvent à la rentrée, à l'instar d'une pratique universelle ou à l'occasion du mois sacré du ramadan. 2M a choisi de se démarquer de ces mœurs médiatiques pour proposer un nouveau rendez-vous pour lancer sa grille du changement. On peut mettre cette démarche sur le compte de la volonté, légitime, de se constituer une personnalité propre. Dans un univers globalisé où la concurrence des chaînes est féroce, il est opportun pour une chaîne de se forger une place dans le flux des images. Une chaîne qui se respecte doit en effet se forger une identité en proposant autre chose que de la simple diffusion. Cela passe par une action cohérente à trois niveaux: le discours de la chaîne sur elle-même; la programmation qui correspond à une logique propre et les programmes ou émissions dont le contenu s'articule avec le ton de l'ensemble de la grille. Sans entrer dans les détails de cette construction, on peut déjà interroger les premiers signes livrés par la chaîne de Aïn Sbaâ. Il faut alors reconnaître que la nouvelle grille est livrée en compte goûtes; les grands moments forts annoncés se donnent le temps d'arrivée. Certes, il y a déjà le retour de quelques stars d'antan telle Nassima Alhorr dans un exercice de télévision compassionnelle ou Imaed Ntifi dna la tranche difficile de la soirée du samedi. On en reparlera. Il y a cependant une star qui a déjà réussi son passage avec son programme de divertissement, Hanane Fadili. C'est à coup sûr une valeur ajoutée non seulement à la nouvelle grille de la chaîne mais à l'ensemble de notre paysage audiovisuel. Hanane, c'est de l'humour intelligent fruit d'un travail et surtout d'un investissement personnel important. On sait que c'est une fille douée mais Hanane a capitalisé cela avec beaucoup de travail, de sérieux et de recherche. Le dispositif proposé samedi dernier reflète la touche de la mise en scène de Adil Fadili: c'est moderne et percutant. Peut-être qu'il y a une surcharge de mouvements notamment au niveau de l'articulation des séquences. Mais Adil Fadili s'amuse en filmant…et c'est contagieux. Bravo les gars!
Albachado de Hassan Aourid
L’intellectuel et le pouvoir ou la déception permanente · Mohammed Bakrim « Avant d’être une histoire, le roman est une in...